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Emmanuelle Périé-Bardout et Ghislain Bardout, cofondateurs de Under The Pole, sont passionnés d’exploration sous-marine. A travers le programme Deep Life soutenu par l’Initiative Perpetual Planet, ils explorent les écosystèmes situés entre 30 et 200 mètres de profondeur, afin de mieux pouvoir les protégerC’est sur l’archipel des Glénan qu’Emmanuelle rencontre Ghislain pour la première fois. Lui est alors étudiant à l’EPFL tandis qu’elle, monitrice de voile, se forme à la plongée afin de se préparer à la prochaine expédition du médecin et explorateur Jean-Louis Etienne. Tous deux sont déjà passionnés de plongée sous-marine et d’exploration. Près de vingt ans plus tard, Under The Pole, le programme d’exploration scientifique sous-marine qu’ils ont cofondé est devenu indissociable de la recherche scientifique et de la sensibilisation en milieux marins. Emmanuelle Périé-Bardout, passionnée d’exploration sous-marine, cofondatrice et codirectrice d’Under The Pole. — © Rolex/Franck Gazzola Pourtant, le chemin n’a pas été simple. «Depuis toute petite, c’était mon rêve. Je regardais tous les documentaires du commandant Cousteau. Mais j’ai grandi en Champagne, sans aucun lien avec la mer. Dès que je parlais d’océanographie, de plongée, on me répondait qu’il n’y avait pas de débouchés», se souvient-elle. Son bac en poche, la jeune femme devient monitrice de voile: «C'était le moyen que j’avais trouvé pour réaliser ma passion». Ses qualités de navigatrice l’amènent à Clipperton, une île du Pacifique Nord à bord d’une expédition de Jean-Louis Etienne. Ce dernier la motive à se former à la plongée. «J’ai présenté Ghislain à Jean-Louis car je savais qu’il embarquait de temps à autre des stagiaires ingénieurs. Le stage s’est transformé en CDI et cela nous a emmenés au pôle Nord», raconte-t-elle.  La mission scientifique, qui a eu lieu en 2007, visait à modéliser un échantillon de banquise avec différents systèmes de captation aériens, terrestres et sous-marins. Ghislain se voit confier le programme de plongée destiné à cartographier un échantillon de banquise et réaliser des images sous-marines. «Dans l’avion du retour, j’ai eu un déclic. Les images qu’on ramenait du pôle n’étaient qu’une petite partie de ce que j’avais vu qui n'était qu’une infime fraction de cet univers fascinant. Et comme cet océan glacial est en voie de disparition, il fallait vraiment aller plus loin dans ce travail de mémoire», témoigne Ghislain Bardout. ### Un milieu hostile De retour, le jeune explorateur retourne sur les bancs de l’EPFL. En parallèle de cette dernière année d’étude, il élabore le programme Under The Pole. «Monter une expédition, cela commence seul au coin d’une table, avec un grand tableau Excel. Un gros travail de bibliographie est nécessaire en amont», explique Ghislain Bardout. Le projet ficelé et son master en poche, le jeune explorateur contacte Rolex; quelques mois plus tard, l’entreprise s’engage à ses côtés comme premier partenaire financier. L’expédition se révèle ardue. Les époux et l’équipe qui les accompagne se font déposer au niveau du pôle Nord géographique. Leur but: avancer le plus loin possible vers le sud, en direction du Canada chaussés de skis et tirant un traîneau de près de 150 kg. Mais avec l’avancée du printemps, au bout de 45 jours, ils décident de rentrer. Ils se font rapatrier en avion. «Par définition, la banquise de l’océan Arctique se forme, se déforme: elle est particulièrement hostile. Mais là, les conditions d’évolution étaient devenues beaucoup trop difficiles. Il y avait beaucoup d’eau libre, de crêtes de compression», détaille Ghislain Bardout. L’équipe aura eu le temps d’effectuer 52 plongées dans des conditions extrêmes. A -55 °C, «la moindre condensation se transforme en glace. Les batteries ne tiennent pas la route. Les joints deviennent cassants. L’étanchéité ne se fait plus de la même façon», souligne Emmanuelle Périé-Bardout. Les expéditions devenaient de plus en plus difficiles à cause du réchauffement climatique. Les images sous-marines qu’ils ont ramenées étaient uniques. Elles ont fait le tour du monde. «Dans ce monde d’eau et de glace, la totalité de la palette des bleus est représentée. Les jeux de lumière, entre l’opacité des profondeurs et la neige en surface, créent des décors spectaculaires», témoigne Ghislain Bardout.  ### Rendre visible l’invisible Depuis 2008 jusqu’à aujourd’hui, Under The Pole a évolué et surtout grandi, mais l’essence du projet est restée la même: «Essayer de rendre visible l’invisible, de faire remonter les informations des scientifiques qu’on n’écoute pas encore assez», résume Emmanuelle Périé-Bardout. Pourquoi? «Comme nous ne voyons pas ce qui se passe sous l’eau, pendant très longtemps, les océans ont été le tapis sous lequel on cachait la poussière, explique la navigatrice. On oublie que c’est la base de la vie sur Terre. Une planète sans océan vivant, ce n’est plus une planète habitable. Et aujourd’hui, nos forêts marines brûlent», alerte-t-elle. Cette urgence, Emmanuelle Périé-Bardout, 45 ans, l’observe aux quatre coins du globe. > Pendant très longtemps, les océans ont été le tapis sous lequel on cachait la poussière Emmanuelle Périé-Bardout Entre 30 et 200 mètres de profondeur, dans la zone mésophotique de l’océan, la pénombre est reine. Si les organismes tels que les algues ne peuvent y survivre, les quelques rayons de lumière qui y pénètrent permettent aux coraux, gorgones (coraux mous) et éponges d’y prospérer. Ces forêts sous-marines, qui abritent des milliers d’espèces, sont jusqu’à peu restées entièrement méconnues en raison de la difficulté d'y accéder. Plonger à de telles profondeurs est dangereux et extrêmement technique. Les membres d’Under The Pole font partie des rares personnes aptes à plonger dans ces conditions en utilisant des «recycleurs». Cet équipement recycle le gaz expiré et permet de plonger plus profondément et plus longtemps qu’avec des bouteilles de plongée traditionnelles.  ### Deep Life, reconnu par les Nations unies Désormais, des dizaines d’expéditions et de collaborations scientifiques plus tard, toujours soutenus par Rolex et son Initiative Perpetual Planet, les époux Emmanuelle Périé-Bardout et Ghislain Bardout sillonnent encore les mers du globe à travers Deep Life 2021-2030, le quatrième pan du programme Under the Pole. Reconnu comme projet officiel de la Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable, l’objectif de ce programme est d’étudier les forêts animales marines afin de renforcer les connaissances pour mieux préserver ces écosystèmes. Pour cela, l’équipe de Deeplife étudie la zone mésophotique de bassins océaniques partout autour de la planète. Depuis 2021, ils se sont déjà rendus au Svalbard, aux Canaries, en Grèce, mais aussi aux Caraïbes et en Guadeloupe. Ils seront bientôt en France. Pour la première expédition, l’équipe d’explorateurs scientifiques est retournée en Arctique, dans les eaux glacées proches de l’archipel du Svalbard, au nord de la côte norvégienne. Là, les plongeurs ont identifié la première forêt animale marine jamais découverte en Arctique, entre 50 et 80 mètres de profondeur. Elle était constituée d’hydroïdes, des animaux liés aux méduses et aux coraux qui s’apparentent à des cloches, à des fleurs ou à des fougères.  Emmanuelle a aussi pu observer qu’entre son premier voyage là-bas, en 2006, et leur retour, en 2022, le glacier a reculé de 4 km. «Les changements climatiques au pôle Nord sont tels qu’ils deviennent visibles à l’œil nu en quelques années», constate-t-elle. Ainsi, en prévision de la Conférence des Nations unies pour les océans agendée pour 2025, l’équipe de Deep Life espère vraiment faire rentrer cette zone mésophotique dans les politiques de conservation. Car malgré une meilleure connaissance de leur importance en termes de biodiversité, les politiques de conservation sont quasiment inexistantes dans ces zones-là. A l’échelle de l’Europe, la Grèce vient d’être le premier pays à vouloir arrêter le chahutage dans leurs aires marines protégées d’ici à 2030.
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