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Maroc Maroc - LE TEMPS - Tous - 28/Oct 05:30

Veiller la nuit au Concours hippique international de Genève

Depuis 2016, Virginie et Yannick Berthet veillent sur les meilleurs chevaux du monde, le temps de deux nuits au Concours hippique international de Genève. Fiers et reconnaissants de cette responsabilité, ils endossent chaque année leur rôle avec sérieux et passionVivre le Concours hippique international de Genève (CHIG) est une expérience qui marque, un réel «privilège», comme le soulignent Virginie et Yannick Berthet, fidèles bénévoles depuis 2016. Il faut dire que ces deux passionnés endossent chaque année un rôle bien particulier au sein de l’événement: veiller au sommeil des chevaux de Grand Prix. Pendant que tous se reposent, durant deux nuits, ils sont les gardiens des écuries. Dans le calme et une lumière tamisée propices au repos, ils guettent le moindre bruit, aux aguets. «C’est une très grande responsabilité, car nous assurons la surveillance des meilleurs chevaux de la planète. Ces rondes nocturnes sont des moments très particuliers», entame l’ancienne monitrice d’équitation, devenue responsable du rayon équitation d’un magasin de sport. «Nous aimons vraiment cette ambiance feutrée. Nous écoutons et étudions les bruits nocturnes propres aux écuries: grignotages, ronflements, respirations, grattages des chevaux, etc. C’est une expérience unique», confirme son époux, Yannick, instructeur et pilote en aéronautique. C’est une très grande responsabilité, car nous assurons la surveillance des meilleurs chevaux de la planète Virginie Berthet, ancienne monitrice d'équitation, bénévole du CHI de Genève Le début d’une belle histoire Tout commence en 1996 pour ce couple de passionnés, lorsqu’il vient assister au CHI de Genève pour la première fois. L’ambiance, le grand sport et le fair-play du public le marquent et inscrivent en lui la possibilité d’un retour… un jour, quand les enfants auront grandi. En 2016, les Haut-Savoyards décident ainsi de postuler comme bénévoles au dicastère écuries du CSI 5*. Leurs disponibilités et leur profil amènent la responsable dédiée, Anastasia Scherz, à prendre contact avec eux. Elle est à la recherche de personnes de confiance, expérimentées, capables de surveiller les chevaux la nuit. Tous deux cavaliers amateurs éclairés – lui en saut d’obstacles, elle en dressage – et propriétaires de chevaux de sport, ils semblent parfaitement correspondre au poste. Voilà qui est acquis.Le duo s’assure, dès lors, de la bonne nuit des cracks, leurs grooms, sur le pont dès 6h du matin, ayant droit à un peu de repos bien mérité. «Nous prenons notre poste à l’issue de la dernière épreuve. Environ deux heures après le clap de fin de celle-ci, les écuries sont fermées. Il ne reste plus que nous et un steward de la Fédération équestre internationale (FEI). Nous nous assurons dès lors que les chevaux aillent bien, tout au long de la nuit», expliquent les intéressés. Après une première ronde très attentive, pendant laquelle ils vérifient que rien n’a été oublié dans les box et que tout est en ordre, Virginie et Yannick programment quatre rondes. «Mais si nous entendons un bruit suspect, nous allons immédiatement voir ce qu’il se passe.»Les deux veilleurs ont l’œil aiguisé, forts de leur expérience auprès des chevaux. Une couverture qui s’entortille autour d’un cheval? Une mangeoire tombée à terre? Un cheval qui gratte à répétition et se tourne dans son box? A la moindre alerte, le protocole est suivi à la lettre: «Dans un premier temps, que ce soit pour une couverture tombée ou une inquiétude sur un signe de mal-être, nous appelons le groom du cheval en question. En fonction de la situation, soit il nous donne le feu vert pour entrer dans le box et remettre la couverture, par exemple, soit il vient au chevet du cheval. Dans tous les cas, le steward doit donner son aval avant toute entrée dans les écuries ou un box», explique Yannick. Et pour cause: compte tenu des règles strictes de sécurité de la FEI, personne ne peut entrer dans les écuries sans l’autorisation du steward de nuit, et les veilleurs ne peuvent pénétrer dans les box sans une validation des grooms. Si jamais la présence d’un vétérinaire est requise, elle doit également être, au préalable, acceptée par le steward. «Tout est noté sur une fiche qui rapporte la chronologie des événements. Et si un groom se déplace auprès d’un cheval, nous devons être présents à ses côtés.» Depuis 2016, seules deux interventions de vétérinaire ont été nécessaires lors des gardes nocturnes des deux veilleurs, très scrupuleux par rapport au bien-être des chevaux. A la découverte du Rolex Grand Slam Etant eux-mêmes passionnés de sport, les époux ne manquent pas de suivre les épreuves sur la piste de Palexpo avant de prendre leurs fonctions. Mais pas seulement. Sur leur to do list, ils avaient depuis longtemps noté de se rendre à Aix-la-Chapelle, considérée comme la Mecque du cheval. En 2020, année de la pandémie de Covid-19, le CHIG dut être annulé, et il fut «remplacé» par des émissions TV sur son site internet où fut mis en place un concours ouvert aux bénévoles pour remporter un voyage tous frais payés à Aix-la-Chapelle. Ni une, ni deux, le couple s’inscrit. «Lors du tirage au sort, j’étais au travail et je regardais discrètement sur mon téléphone portable. Quand j’ai entendu mon nom, j’ai hurlé et couru dans tout le magasin», se souvient Virginie, dont la joie est encore palpable. «Une expérience extraordinaire, qui nous a notamment donné la possibilité de rencontrer Alban Poudret [directeur sportif du CHIG, ndlr] et Michel Sorg [directeur de la Fédération suisse des sports équestres, alors au poste de chef de l’équipe helvétique élite, ndlr].» Une discussion avec ce dernier les amène alors à se rendre d’abord au CSI 5* de Dublin, en 2023, puis à Calgary, en septembre dernier. «Il ne reste plus que Bois-le-Duc et nous aurons nous aussi réalisé le Rolex Grand Slam [considéré comme le plus grand défi équestre, le Rolex Grand Slam of Show Jumping récompense le cavalier réussissant à remporter d’affilée trois des quatre Grands Prix des Majeurs que sont Bois-le-Duc, Aix-la-Chapelle, Calgary et Genève, ndlr]», plaisantent les deux passionnés, dont les yeux brillent encore à l’évocation de ces concours. Deux champions olympiques (Jeroen Dubbeldam à gauche et Pierre Durand à droite) entourent le couple de bénévoles lors du CHI de Genève 2024. Tout à gauche, Alban Poudret, directeur sportif de la manifestation. — © CHIG – Joseph Carlucci La singularité de Genève Pour autant, l’un et l’autre sont formels: «Si tous ces concours demeurent exceptionnels, tant dans l’organisation qu’au niveau sportif, et s’ils ont tous une singularité propre, Genève se démarque non seulement d’un point de vue esthétique, mais également par son ambiance.» Côté mise en scène, tous deux insistent sur la beauté du concours avec le lac sur la piste et les jeux de lumière. Quant à l’ambiance, elle est unique. «Il s’en dégage un esprit de famille, une chaleur que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Celle-ci est instillée par l’équipe organisatrice, qui a toujours un mot gentil quand on se croise. Etre bénévoles au sein de ce concours nous donne vraiment le sentiment de faire partie intégrante de l’événement. D’être, nous aussi, une pierre dans cet édifice», confirme Yannick. «C’est plus intimiste. Et puis, l’esprit de Noël est là qui apporte une petite pointe de magie», souligne Virginie.Autant d’ingrédients qui expliquent la fidélité de ces deux passionnés à leur poste. «Je le répète, c’est un privilège de pouvoir veiller sur ces chevaux. Dans quel sport les passionnés ont-ils autant la possibilité de côtoyer leurs idoles? Là, nous avons tissé des liens avec des grooms, tandis que des cavaliers nous reconnaissent et discutent avec nous. C’est vraiment unique», concluent Yannick et Virginie, heureux de pouvoir témoigner de ce plaisir immense.

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