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Maroc - HEIDI.HIDORA.COM - A La Une - 09/11/2025 14:51
La délégation d'hommes d'affaires suisses a mis en place une véritable opération séduction pour amadouer Donald Trump. Après le coup de fil catastrophique de Karin Keller-Sutter, les six hommes d'affaires semblent avoir marqué des points. A quel prix?La rencontre vaudra peut-être un jour une production hollywoodienne, au cinéma. La presse dominicale lève un coin du voile sur la réunion surprenante, mardi 4 novembre, dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, entre le président Donald Trump et une délégation d’hommes d’affaires helvétiques. Au menu: commerce, investissements, cadeaux et surtout taxes douanières, de 39%, imposées à la Suisse depuis le 1er août.Face au Président, quelques-uns des industriels les plus prospères du pays, presque tous installés à Genève, qui pourraient bien avoir obtenu ce que diplomates et Conseillers fédéraux n’ont pas réussi à décrocher par les voies usuelles. On parle désormais d’un dénouement heureux, au forum de Davos, en janvier prochain. Mais rien n’est sûr avec l’imprévisible Américain, qui aurait augmenté les enchères durant l’entretien.L’histoire de l’opération séduction des hommes d’affaires ressemble à celle des Rois mages de l’Evangile de Matthieu. La Rolex et le lingot d’or dédicacé remplaçant ici la myrrhe et l’encens. «No Kings», scandent aux Etats-Unis les manifestants qui se mobilisent contre le nouvel ordre mondial façon Donald Trump. La realpolitik semble pourtant commander d’en tenir compte. Un début d’éclaircie? La Suisse se trouve encore à ce jour, aux côtés du Brésil, de l'Inde, de la Syrie ou du Laos, parmi les pays les plus lourdement imposés par l’administration américaine. Mais la glace semble avoir été brisée et Guy Parmelin a pu s’entretenir, vendredi, par téléphone avec le représentant américain au commerce Jamieson Greer, conséquence sans doute de la démarche secrète des patrons d’industrie du mardi 4 novembre à la Maison Blanche. Pilotée par Berne? Le Conseil fédéral s’en défend. «Il s’agit d’une initiative privée». Les entrepreneurs ont été accompagnés dans la préparation par le Secrétariat d’État à l’économie, mais la rencontre a eu lieu «indépendamment de l’engagement du Conseil fédéral dans ce dossier», tient-on à préciser.Selon le Blick, les hommes d’affaires suisses avaient dans leur sac plusieurs propositions pour débloquer le dossier des taxes douanières: délocaliser des fonderies d'or vers les Etats-Unis dans un délai de 12 à 24 mois, assurer d’importants investissements pharmaceutiques ainsi que des soutiens aux projets d'infrastructure aux Etats-Unis. Et enfin, engager des achats croissants à l'aviation américaine. Selon la presse dominicale, Marwan Shakarchi, patron du groupe genevois MKS, spécialisé dans le raffinage de l’or et les métaux précieux, a offert durant l’entretien une montre Rolex et un lingot d'or dédicacé au président Trump. L'opération séduction semble avoir fonctionné. «Thumbs up» (pouces en l'air), aurait fait savoir Donald Trump, après consultation de ses conseillers. Un dénouement, vraiment? Est-ce la fin de la saga des taxes douanières prohibitives, que l’on annonce avec insistance pour janvier et le retour à un tarif comparable aux 15% appliqués à l'UE? Rien n’est moins sûr, car Donald Trump aurait formulé d'autres exigences à l'égard de la Suisse durant la rencontre, et non des moindres, selon la SonntagsZeitung. Washington attend désormais que Berne soutienne les principaux paquets de sanctions américaines et empêche que la Chine et la Russie puissent racheter des entreprises industrielles suisses stratégiques. Une sorte de contrôle des investissements.Si le Conseiller fédéral Guy Parmelin a tenu à remercier Donald Trump après la rencontre, par un «thanks to president Trump @Potus» sur X, il n’est pas certain que le «deal» passe si facilement en Suisse. «Nous ne pouvons pas nous laisser faire chanter par les États-Unis», déclare la conseillère nationale du Centre Elisabeth Schneider-Schneiter dans la SonntagsZeitung. Le coprésident du PS Cédric Wermuth rejette lui aussi l'idée d'adopter ces sanctions et exige des éclaircissements de la part du Conseil fédéral. «Sommes-nous Guillaume Tell ou des vassaux?» lance de son côté le patron de Swatch, Nick Hayek, qui dénonce des «dirigeants économiques qui seraient allés faire la cour et enverraient un signal de faiblesse au monde entier.» Des lobbystes mieux que des diplomates? Mais revenons au récit de la rencontre, tel qu’en fait la presse dominicale. La NZZ dresse ce dimanche le portrait des six représentants suisses dans le bureau Ovale, aux côtés du représentant pour le commerce extérieur, Jamieson Greer, du secrétaire au Trésor Scott Bessent et du secrétaire au Commerce Howard Lutnick.Il y avait là Marwan Shakarchi, le demi-frère de Mohammed Shakarchi, de la «Lebanon Connexion» en 1988, Jean-Frédéric Dufour et Johann Rupert, les CEO de Rolex et du groupe Richemont, Daniel Jaeggi, négociant en matières premières de Mercuria, dont le secteur pèse désormais 9% du PIB suisse et Alfred Gantner, fondateur de Partners Group, milliardaire de la finance. Diego Aponte, issu de la famille la plus riche de Suisse et président du groupe MSC à Genève, premier transporteur mondial de conteneurs, aurait joué un rôle clé en recrutant pour organiser le rendez-vous l'ancien diplomate de Trump, Carlos Trujillo, mais aurait été absent du bureau Ovale «en raison d’un empêchement».Six milliardaires, «exactement ce qu’il faut pour être pris au sérieux par Donald Trump», commente la NZZ, qui estime cependant que la présence d’un Shakarchi réveille de vieux, mauvais souvenirs. Le nom de famille est lié au scandale de blanchiment, qui a entrainé la chute de la conseillère fédérale Elisabeth Kopp. Marwan lui-même a été pris à partie par des ONG, qui lui ont reproché de s’approvisionner en or dans des mines du Liberia et de Tanzanie, polluant l'environnement et violant les droits humains. L'entreprise a toujours rejeté ces accusations.Le groupe d’hommes d’affaire reçu par Donald Trump a désormais déposé son compte rendu de l’audience auprès de la secrétaire d’État au Seco Helene Budliger Artieda. Il ne participera plus à aucune négociation.D’ici janvier et Davos, le Conseil fédéral et ses diplomates ont encore du travail devant eux.
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