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Maroc - LE TEMPS - Tous - 17/10/2025 07:21
Sur les rives du Léman, l’Usine à Gaz déploie une saison vibrante où théâtre, danse et musique se répondent dans un même élan de partage et de curiosité. Entre ancrage local et horizons lointains, l’Usine à Gaz célèbre une saison généreuse et tissée d’humanitéÀ mi-chemin entre Lausanne et Genève, il suffit de longer les quais de Nyon un soir d’automne pour sentir la vibration qui émane du bâtiment. L’Usine à Gaz se dresse et illumine le crépuscule comme un phare culturel sur le Léman, un lieu de passage, de création et d’échange. Inauguré en 1995 et agrandi en 2021, ce centre artistique inspirant entame une nouvelle saison avec les écoutilles grandes ouvertes sur le monde et sur les autres. Deux belles salles, des espaces de convivialité et une programmation affûtée, tout y invite à la surprise et à l’élan. Le fil conducteur des propositions, cette année, tient en deux mots: se déplacer. Les artistes invités tissent des récits qui se répondent et explorent des thématiques qui résonnent - migration, spiritualité, engagement, histoire contemporaine, amour, toujours à hauteur d’humain, près du cœur. «Nous voulons que l’Usine à Gaz soit perméable aux mouvements du monde et puisse rendre intelligible certaines questions qui animent la société» glisse Karine Grasset, directrice générale et artistique de l’Usine à Gaz depuis 2020. Un théâtre du réel, entre engagement et émotion La saison s’ouvre sur des créations puissantes qui interrogent notre place dans le tumulte du monde. De cette intranquillité est née 4211 km, la pièce aux deux Molières mise en scène par Aïla Navidi. 4211 kilomètres, c’est la distance qui sépare Paris de Téhéran mais aussi celle qui rattache une fille à ses parents exilés. À travers le regard de Yalda, née en France après la révolution iranienne, cette création raconte la mémoire familiale, les identités plurielles et le tiraillement des corps et des âmes entre deux pays. Un autre écho d’exil résonne dans I’m Fine de la metteuse en scène russe Tatiana Frolova, réfugiée en France depuis 2022. Avec son Théâtre KnAM, elle poursuit un théâtre documentaire sans concession qui interroge les notions de foyer, de patrie et bouscule les représentations de la Russie et de son rapport au monde.Autour de Fida Mohissen, l’Usine à Gaz consacre un week-end entier à la Syrie. Son spectacle Shahada, qui signifie à la fois témoignage, foi et martyre, met face à face deux comédiens incarnant le même homme à vingt ans d’écart face à sa foi, ses doutes et la quête de sens. «Nous aimerions inviter le public à élargir son regard sur le monde. À écouter des voix qu’il n’entend pas toujours», souligne Karine Grasset. Ce week-end syrien prolongera le spectacle par des moments de partage: rencontres, poésie, musique, cuisine et exposition photographique viendront amplifier ces voix d’ailleurs.À un autre endroit du réel, Rébecca Balestra, Manon Krütli et Guillaume Poix présentent Jacqueline, une pièce fine et mordante dans laquelle la grande actrice Jacqueline Maillan, au soir de sa vie, prépare sa propre sortie de scène avant qu’un ultime rôle ne vienne bouleverser ses plans.Cette saison, la danse occupe une place centrale, mêlant poésie des corps, virtuosité et exploration des formes. Le duo Delgado Fuchs revient avec Run Baby Run, une création familiale où ils partagent pour la première fois la scène avec leur fille Lili-Marlo. David Zagari propose Le Piquet, un solo hypnotique qui mêle pole dance, acrobatie et arts visuels, tandis que Nicolas Fayol transcende la technicité du breakdance dans Faire fleurir, inventant un corps défait de sa verticalité, sous un ciel tendu à 1m50 du sol. La programmation inclut également Play Dead, une chronique surréaliste du quotidien entre danse et cirque, et Beyond qui entraîne six interprètes dans un ballet d’équilibres et de chutes, entre cirque et danse contemporaine. L’art de grandir ensemble Les enfants, justement, parlons-en, puisque ce ne sont pas moins de huit propositions jeune public qui sont proposées pour la saison 2025-2026. Malins et inventifs, ces spectacles ne cherchent pas à imposer un ton didactique. Ainsi que l’explique Karine Grasset: «La puissance de l’art est qu’il permet de ressentir avant de comprendre. Ce que nous cherchons, c’est à toucher des sensibilités différentes en diversifiant les langages scéniques». Avec Cœur d’amour, Blandine Robin et Delphine Lanza invitent les tout-petits dès 2 ans à parler d'amour pendant que sur la scène, les illustrations d'Albertine apparaissent sur des vitres transparentes, et font naitre tout un monde esthétique. Autre perle jeune public, Les Voix buissonnières de la Cie La Tête dans le sac déploie un théâtre musical où marionnettes et chansons s’accordent pour raconter une utopie animalière, tandis que Philippe Saire signe Bachibouzouk! un spectacle de danse destiné aux enfants dès 6 ans. La musique comme territoire de partage L’Usine à Gaz a toujours cultivé un amour particulier pour la musique sous toutes ses formes et demeure un lieu de rendez-vous des aficionados de tous poils. Cette année encore, les sons s’y répondent comme les saisons: voix singulières, guitares rageuses, pulsations électroniques ou harmonies du monde composent une constellation bigarrée. Les dix ans du label genevois Bongo Jo, puis le festival Nyon’s on Fire rassemblera, entre autres, le garage rock millésimé sixties des Giant Robots et le death metal hirsute d’Exhorted,Parmi les événements marquants, signalons Achtung Bashung, hommage au vibrant poète rock par Matteo Simonin et Daniel Roelli, rejoints sur scène par le batteur Christophe Calpini, compagnon de route du chanteur sur L’Imprudence, ainsi que Matthieu Michel, Arnaud Cuendet et Marius Rivier. Autre moment de grâce avec Aliose chante Le Forestier où le duo suisse revisite le répertoire de Maxime Le Forestier avec force cordes, guitares et projections.Et comme chaque année, la fête n’est jamais très loin. La traditionnelle Coquillage & Crustacés d’Halloween ouvrira le bal des soirées costumées, avant la grande fête intergénérationnelle du Nouvel-An emmenée par le Club Katel. Juste avant ça, le X-Mas concert des Bad Santas promet une belle mise en jambes avant le marathon des noëls en famille. L’art pour toutes et tous Au-delà des spectacles, l’Usine à Gaz revendique une philosophie claire: l’ouverture, la convivialité et l’égalité d’accès à la culture. Le lieu se veut à la fois un laboratoire artistique et un espace social. On y vient pour s’émouvoir, débattre, rire, rêver, et parfois simplement partager un verre après le spectacle. Dans les couloirs, on y croise des danseurs, des musiciens, des spectateurs de tous âges. On y parle persan, anglais, espagnol, français. La diversité linguistique devient une musique en soi. Des initiatives originales encouragent la découverte comme L’Abô pour les jeunes curieux ou le Pass and Curious, formule à tarif doux pour explorer la saison. Et l’inclusion est au cœur du projet. Médiations culturelles, collaborations avec des associations locales, accessibilité pour les publics malentendants, malvoyants ou à mobilité réduite. Karine Grasset tient à souligner que «l’art ne doit pas être un territoire réservé. C’est un langage commun, un espace de respiration dans un monde saturé.» Un ancrage nyonnais, un horizon global Implantée au cœur de Nyon, l’Usine à Gaz n’a rien à envier aux grandes institutions de Lausanne ou de Genève. Ses deux salles accueillent chaque année plus d’une centaine d’événements. Chaque projet est pensé comme une fenêtre ouverte sur l’ailleurs, mais également comme un miroir du territoire lémanique, de sa jeunesse et de ses mutations. «Nous voulons que chaque soir laisse une trace, un souvenir collectif. Que le public reparte avec la sensation d’avoir voyagé sans quitter Nyon», dit encore la directrice. C’est cette alchimie rare, entre exigence artistique et convivialité populaire, qui fait de ce lieu un espace unique de partage. Une promesse de curiosité Au fil des ans, l’Usine à Gaz s’affirme comme un repère pour tous les publics de 3 à 103. Sa nouvelle saison, riche et plurielle, s’annonce comme un véritable voyage, dans les sons, les mots, les gestes et les émotions où le monde se raconte en musique, en mouvement et en humanité. Découvrez le programme en ligne: usineagaz.chPrésentation de saison: 21.11.2025 dès 18h, entrée libre
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