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Maroc - LE TEMPS - Tous - 20/Jan 08:05
Le Fribourgeois, qui mettra en scène L’Italienne à Alger de Rossini, dirige l’Opéra de Magdebourg, en ex-Allemagne de l’Est. Il ne cesse d’y être «lost in culture». Mais il aime çaÀ Magdebourg, au cœur de l’ex-Allemagne de l’Est, Julien Chavaz dirige un théâtre de 440 employés, presque aussi vaste que le Grand Théâtre de Genève, mais sans le même halo international. « On fait du bon boulot, assure-t-il. Nous lançons huit nouvelles productions lyriques par saison. C’est grisant. » Pourtant, ce Fribourgeois (francophone d’origine) n’a pas atterri dans un simple bastion lyrique : il vit au milieu d’un palimpseste historique, une ville détruite en 1945, vidée après la chute du Mur, dans l’une des terres de conquête du parti d’extrême-droite AfD.« Travailler ici, c’est être « lost in culture » en permanence », sourit-il. « Les Allemands sont nos cousins, mais en Saxe-Anhalt, ce sont des cousins exotiques. Il y a une logique sociologique, urbanistique, philosophique très différente de la nôtre. » Magdebourg s’invente sans cesse, dans un mélange de mémoire blessée et de pragmatisme industriel. L’installation promise d’une gigantesque usine Intel – dix mille emplois espérés – nourrit les rêves d’un nouvel essor. « Ce fantasme de renaissance économique est fascinant à observer. Ces cycles de destruction et reconstruction sont difficiles à comprendre depuis la Suisse. »Formé à l’agronomie avant de bifurquer vers le théâtre, passé par La Manufacture avant de devenir assistant de Laurent Pelly et de fonder à Fribourg la Compagnie Opéra Louise, Julien Chavaz a toujours cherché la tension féconde entre les mondes. Et s’est retrouvé plus d’une fois confronté au choc des cultures. « À Séoul, j’ai monté La Ville morte de Korngold. L’opéra coréen m’a sidéré : le chœur d’enfants chantait un allemand parfait ! On m’a laissé totalement libre : s’ils engagent un Européen, c’est pour sa grammaire, pas pour qu’il fasse semblant d’être coréen. »L’opéra, observe-t-il, est un genre mondialisé qui agit comme un ciment culturel : «On peut parler des mêmes ouvrages et des mêmes chanteurs à Séoul, New York ou Berlin, ce qui n’existe pas au théâtre. » Les chocs viennent parfois d’ailleurs, de manière inattendue : «L’endroit où je me suis senti au fond le plus étranger, c’était aux États-Unis. Nous sommes pourtant cousins a priori, mais nous n’avons pas le même rapport à l’abstraction. Disons pour généraliser que les Américains cherchent sur scène l’excellence, la beauté, le brillant, et des voix exceptionnelles ; en Europe, et surtout en Allemagne, on veut une réinterprétation, une lecture. » L’endroit où je me suis senti le plus étranger, c’est aux États-Unis. Ils n’ont pas le même rapport à l’abstraction que nous. À Magdebourg, le fossé prend d’autres formes : « Les gens de plus de cinquante ans ont vécu, avec la fin du communisme et la réunification, quelque chose d’inexplicable pour ceux qui ne l’ont pas partagé. Presque toutes leurs phrases commencent par « avant » ou « après ». Comme nous avec le Covid, mais en bien plus radical. »Julien Chavaz découvre aussi la centralité du théâtre dans cette ville moyenne : « À Genève, vous avez des dizaines de scènes. Ici, le “Theater” couvre presque tout avec ses quatre plateaux : le lyrique, le symphonique, l’opérette, le musical, le théâtre, les spectacles pour enfants. Une abonnée a récemment dû rendre son abonnement après soixante et un ans ! Cet attachement confère une responsabilité énorme. » Humour, fantaisie, distance : telles sont quelques signatures du style de Julien Chavaz, qui a déjà signé deux mises en scène au Grand Théâtre pour La Plage, dont celle des Aventures d’Alice sous terre de Gerald Barry. — © Magali Dougados / GTG Responsabilité qu’il assume avec la verve d’un agitateur doux. Ses « propositions turbulentes » s’inscrivent dans un paysage où l’on joue beaucoup : trente productions par an, dix concerts. Ce qui permet de mêler les styles, du plutôt traditionnel au novateur – et Julien Chavaz a fait de son théâtre un tremplin pour les jeunes artistes, qui n’ont pas d’autres lieux pour s’exprimer, une politique qui a convaincu puisqu’il vient d’être reconduit à son poste jusqu’en 2032. « Ici, l’opérette et la comédie musicale ont leur place. Cela m’oblige à aborder des répertoires que je ne connais pas, et ça m’amuse. » Les goûts du public divergent aussi : « Le bel canto, si populaire chez nous, l’est moins ici ; le public a en revanche plus d’affinités avec le répertoire allemand ou slave : Wagner, Janáček, Tchaïkovski, Rimsky-Korsakov. »Le choc des cultures, c’est encore ce qui attend Julien Chavaz avec L’Italienne à Alger de Rossini, qu’il prépare pour le Grand Théâtre : une œuvre où l’Europe de 1810 projette sur l’Orient ses fantasmes, soit un monument d’« appropriation culturelle », un opéra bouffe aux mille stéréotypes. « C’est une forme de cadeau empoisonné ! Il faut recontextualiser tout en gardant la distance, pour que cela reste une comédie. Nous allons éliminer l’Empire ottoman, le bey, les esclaves et transposer l’action dans un hôtel : Mustafa en sera le directeur, les esclaves son personnel malmené. Et l’Italie, traitée sous l’angle du triomphe patriotique avec une forme de deuxième degré typique de Rossini, ne sera plus un pays, mais un art de vivre, avec sa liberté, sa vie artistique, la possibilité d’y sortir de sa condition pour vivre une vie où on danse et on rit. » Rédacteur en chef du Grand Théâtre Magazine, Jean-Jacques Roth a travaillé dans de nombreux médias romands. Il a notamment été rédacteur en chef et directeur du Temps puis directeur de l’actualité à la RTS avant de rejoindre Le Matin Dimanche, où il a dirigé le magazine Cultura. Il a entre autres consacré deux ouvrages au Grand Théâtre.Julien Chavaz, né en 1982, dirige depuis 2022 l’Opéra de Magdebourg avec lequel il vient de remporter la distinction de « théâtre de l’année ». Fondateur à Fribourg de la Compagnie Opéra Louise, qui débouchera sur le Nouvel Opéra Fribourg, qu’il dirigera pendant quatre ans, formé à l’agronomie puis à la dramaturgie à La Manufacture, il a été l’assistant de Laurent Pelly et a mis en scène à Paris, Séoul, Londres, Amsterdam, Santa Fe ou Palerme. Il a monté plusieurs opéras contemporains, comme pour le Grand Théâtre/La Plage Les Aventures d’Alice sous terre de Gerald Barry ou Le Dragon d’Or de Peter Eötvös à la Comédie de Genève, et des formats plus expérimentaux dans des lieux inhabituels : Fri-Son, Festival Belluard, Festival Tête à tête à Londres. L’Italienne à Algerdu 23 janvier au 5 février 2026gtg.ch/saison-25-26/italienne-a-alger/
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