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Maroc - LE TEMPS - Tous - 12/Jan 07:19
Carmen de référence, la mezzo-soprano française est en quête perpétuelle de nouveaux horizons. Pour sa première apparition genevoise, elle sera Isabella de L’Italienne à Alger de Rossini, opéra qu’elle a déjà chanté à la Scala de MilanUne petite fille penchée sur le sable, loupe en main, traque la vie secrète des insectes. Elle est concentrée à l’extrême. Il ne faut pas perdre de vue la minuscule fourmi qui roule sous les grains dorés. Chaque jour, l’enfant s’évade en exploration, pour découvrir de nouveaux spécimens et les ramener dans sa besace. Élevée dans une liberté soixante-huitarde bienveillante, la petite Gaëlle goûte l’évasion, la découverte, le silence, les sons, les odeurs et la beauté de la nature africaine.Elle vit en Côte d’Ivoire, dans les années quatre-vingt, entre un père franco-espagnol professeur de mathématiques et une mère malgache. La maman touche à tout, de l’horticulture, à l’éducation enfantine, l’administration ou la traduction, avant l’enseignement d’histoire-géographie. Quand l’heure du retour en France sonne, la fillette, née à Saintes en 1983, fête ses huit ans. La secousse de la rentrée a été rude, car la différence de culture, la perte de liberté et l’adaptation citadine ont été radicales. « Mes racines multiples sont une richesse qu’il m’a fallu apprivoiser. »Curieuse de tout, la maman îlienne adore les musiques les plus éclectiques. Elle transmet sa faim de connaissance à sa fille unique, qui en fait son miel. « J’aimais la comédie musicale au même titre que Mariah Carey, Whitney Houston, le jazz, la pop ou la chanson française. Mais aussi le sport et la danse jazz puis contemporaine qui m’aidaient à exprimer mes énergies contenues. » Car le piano où elle a été orientée ne lui suffit pas. Gaëlle s’y montre douée, mais la solitude à l’instrument la frustre. Lorsqu’elle est invitée à assister au cours de chant de Martine Postel, qui avait entendu la jeune fille dans une comédie musicale, c’est la révélation.« Tout me plaisait dans cette classe : l’engagement du corps, l’aspect ludique du travail, la pratique de groupe. Le chant classique m’a happée. »Depuis, la magnifique brune au visage de madone est devenue une mezzo-soprano réclamée sur les scènes du monde entier. Sa voix caramel, corsée et satinée, ainsi que son charisme envoûtent. Sa Carmen fière et sobre la porte au pinacle en 2016. Ce rôle à la fois libérateur et lourd à porter l’accompagne sans relâche depuis. C’est en le découvrant du poulailler de Covent Garden, à Londres, qu’elle a eu le choc lyrique : c’était le premier opéra auquel elle assistait. « J’ai entendu l’œuvre en boucle à la maison. Et lorsque des années plus tard, on m’a proposé ce rôle mythique, que je n’imaginais jamais chanter tant il m’impressionnait et me semblait cliché, tout s’est mis en place avec une relative facilité. Je l’ai incarné pour ma première apparition à… Covent Garden, avec ma mère dans la salle. » Le rôle de Carmen, dans l’opéra de Bizet, accompagne Gaëlle Arquez sans relâche. Ici au Festival de Bregenz en 2017. — © Johannes Simon / Getty Images Le parcours de la cantatrice passe par Rossini, Gounod, Verdi, Offenbach, Humperdinck, Debussy, Gluck, Bellini, le baroque ou le contemporain. Un éclectisme motivé, toujours, par la nécessité « d’explorer et d’ouvrir les horizons ». Mais quand on lui demande quels sont ses compositeurs d’élection, Mozart arrive en tête. « Son univers lyrique m’a permis de désacraliser l’opéra grâce à sa profonde humanité et son humilité, en lien étroit avec son côté espiègle et sa vitalité. Rameau a été une rencontre forte, pour sa musique indescriptible et le choix minutieux de ses livrets. Pour moi, il touche au sublime, avec Haendel, à la vocalité si somptueuse, et chez qui les rôles masculins et les sorcières enrichissent les possibilités d’incarnation féminine. Tout m’enchante chez lui. »Gaëlle Arquez avait d’abord rêvé des grands rôles de soprano. « J’ai eu du mal à renoncer à traviata, et surtout à Mimi de La bohème. Mais en fait, le registre de mezzo autorise beaucoup plus de possibilités, avec des rôles plus complexes, ambigus ou androgynes. J’ai ainsi eu la chance d’explorer des parties de moi plus inhabituelles. Quand on m’a grimée en Néron ventripotent et obscène dans Le Couronnement de Poppée de Monteverdi, ça m’a sortie des canons de beauté et de genre dans lesquels je suis enfermée, comme beaucoup de femmes. C’était passionnant. »La féminité, justement, qu’elle porte si bien, Gaëlle Arquez n’en joue jamais. C’est ce qui fait aussi sa force. Avec Isabella de L’Italienne à Alger, l’opéra de Rossini qu’elle vient chanter à Genève, après la Scala de Milan l’an dernier, elle savoure cette liberté qui lui est si chère. « C’est une femme prête à tout pour défendre son amour et obtenir ce qu’elle veut. Je me reconnais dans sa détermination même si la manipulation n’est pas mon mode d’action. Mais sous la drôlerie et l’esprit pétillant, la sincérité, la profondeur et l’absence d’artifices la rendent très touchante. »Avec ce personnage qu’il faut manier dans la finesse et l’éclat, Gaëlle Arquez aborde un marathon vocal. « Techniquement, Rossini est très délicat car il faut savoir rester vif, incisif, l’esprit acéré. La vocalité spectaculaire ne doit pas faiblir sur la distance, pour tenir jusqu’au bouquet final. C’est un exercice d’endurance mais qui demande aussi beaucoup de sensibilité et d’ardeur. » Nommée Révélation lyrique aux Victoires de la musique en 2011, Gaëlle Arquez possède un répertoire très vaste, qui va de Néron (Le Couronnement de Poppée) à Charlotte (Werther), de Nicklausse (Les Contes d’Hoffmann) à Dorabella (Cosí fan tutte) ou Dona Elvira (Don Giovanni), sans oublier Mélisande (Pelléas et Mélisande) et bien sûr Carmen, son rôle signature. En 2021, elle a été jurée de l’émission Prodiges sur France 2.Française et Genevoise, journaliste et diplômée de piano au Conservatoire de Neuchâtel, Sylvie Bonier a enseigné l’instrument à Genève et collaboré à différentes parutions et radios en France, ainsi qu’à Espace 2. Elle a assuré pendant 40 ans la chronique musicale de la Tribune de Genève puis du Temps, auquel elle continue de collaborer occasionnellement. L’Italienne à Algerdu 23 janvier au 5 février 2026gtg.ch/saison-25-26/italienne-a-alger/
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